Hommage à l’Hôtel Dieu de Lyon !
Hôtel
Dieu. Le premier endroit où,
j’ai rencontré un médecin sur
Lyon.
Le lieu où, je suis devenue maman, pour la
première fois.
Une merveille architecturale de 54 000
m2 au cœur de la ville.
Une histoire…
Là, ou Rabelais a exercé son métier de
médecin. Avec son dôme,
sa chapelle, et les sculptures venues des
siècles…
L’Hôtel Dieu regardant le Rhône couler ses
eaux de l’est vers
l’ouest et le sud…
Ce beau monument a arrêté son action, il y a
déjà un an. Il vient
d’être classé au Patrimoine
National.
Mais, il va changer de rôle. Fini le médical
et le social. Il deviendra
un grand hôtel cinq étoiles…
Entouré de commerces de luxe… avec la tête de
Rabelais comme étendard !
C’est l’histoire des Lyonnais qui s’en va.
Vers d’autres lieux, avec d’autres personnages et, de nouveaux objectifs.
Mais, pour ma part, chaque fois que je
passerais devant, ma tête
sera orientée vers le haut, là où derrière
des jolies fenêtres ovales
j’ai souffert, pour donner vie à mon premier
enfant !
Rosario Duarte da Costa
Copyright
08/02/2012
www.wikipedia.org
L'Hôtel-Dieu de Lyon est l'un des plus grands bâtiments de la presqu'île. Il est construit en bordure ouest du
Rhône. Premier hôpital lyonnais (les
premiers bâtiments sont attestés en 1184), il est désaffecté depuis la fin de l'année 2010. Un projet d'hôtel de luxe et de galerie marchande le remplacera après d'importants travaux prévus sur
trois ans environ. Il a été classé monument historique par arrêté le 21 Novembre 2011[1][2]
Au voisinage de l'an mil, une congrégation se créa pour faciliter les pèlerinages et les échanges : ce fut l'Ordre des frères pontifes. Elle
construisait des ponts pour faciliter les communications et bâtissait à leurs débouchés des hôpitaux pour recueillir les pèlerins. C'est ainsi qu'au XIIe siècle, la section lyonnaise de l'Ordre commença la construction du pont du Rhône (le pont de la Guillotière) et dans son voisinage établit un
hôpital en 1184-1185 : l'hôpital du Pont du Rhône, ancêtre de l'Hôtel-Dieu.[réf. nécessaire]
Le premier hôpital fut construit sur un terrain appartenant à l'archevêque de Lyon, au XIIe siècle, sous le nom de Beatae mariae.
Situé en face du premier pont sur le Rhône, au nord de la rue Mercière[3], il est rapidement appelé l'hôpital du pont du Rhône. Changeant de propriétaire, pour passer sous le giron des abbayes gestionnaires de la
construction laborieuse du pont de pierre, il prend successivement leur nom : Hautecombe et Chassagne. Le premier bâtiment est modeste, composé d'un prieuré et d'une petite église, ouverte aux nécessiteux.
Maître Martin Conras, le premier médecin attitré, fut embauché en 1454.
Finalement, la municipalité, devant faire face à l'expansion de la population, rachète l'édifice en 1478 pour le reconstruire bien plus grand. Son bâtiment principal fait 65 mètres de long. Il
peut contenir jusqu'à 200 malades hommes ou femmes. Directement connectée à la salle des malades, et à la rue, une chapelle est ajoutée. D'autres parties sont utilisées pour les annexes.
Ce nouvel hôpital est ouvert en 1493, mais il faudra patienter jusqu'au milieu du XVe siècle pour que tout soit achevé, avec un cimetière,
un lieu pour les simples passants et un lieu pour les enfants mis en nourrice[4].
De cet Hôtel-Dieu, il ne reste rien aujourd'hui, après les remaniements du XVIIe et XVIIIe siècles.
L'Hôtel-Dieu de Lyon à l'époque de Rabelais. Il s'élevait sur l'emplacement de la chapelle actuelle.
Les hôpitaux du Moyen Âge étant de petite capacité d'accueil, les échevins de Lyon (dont Gadagne et Symphorien Champier) décidèrent de construire un grand hôpital, sur les lieux de l'actuelle chapelle : c'est
l'Hôpital de Notre-Dame de la Pitié du Pont-du-Rhône ou Grand Hôtel-Dieu.
En 1532, François
Rabelais est nommé médecin de l'Hôpital, il avait à sa disposition une vingtaine de religieuses « tant repenties que d'autres qui sont là dedans rendues pour l'honneur de
Dieu, pour servir les pauvres lesquels sont nourris et habillés ». Rabelais a quitté subitement son poste en 1535, probablement à cause de l'affaire des Placards.
Le XVIIe siècle[modifier]
En 1622, les locaux devenus exigus sont détruits et remplacés par un ensemble de constructions en forme de croix, groupées autour d'un dôme central : les salles des Quatre-Rangs. On
construit une nouvelle église sur l'emplacement de l'ancien bâtiment, d'après les plans de l'architecte Ducellet ; on en pose la première pierre le 23 décembre 1637, en présence du cardinal
Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu, archevêque de Lyon, et du marquis de Villeroy.
Des agrandissements sont encore nécessaires, et l'endettement pousse l'administration au bord de la faillite. On construit de 1658 à 1663 un bâtiment réservé aux convalescents, sur les quais du
Rhône.
Les longues guerres qui ensanglantent la fin du siècle augmentent le nombre de mendiants, qui se porte au dixième de la population. Louis XIV autorise trois loteries successives afin de rassembler les subsides nécessaires à
la prise en charge des soldats des armées d'Italie et de Catalogne. Il accorde également de nouveaux privilèges à l'Hôtel-Dieu.
Parmi les médecins de l'Hôtel-Dieu, les personnalités les plus marquantes de l'époque sont Claude Pons, qui traitait les malades contagieux (il légua tout son bien aux pauvres), Jean de Lamonière
(l'auteur d'un Traité sur la peste), Pierre Garnier, (mort en 1709 et auteur respecté de plusieurs éditions de traités de formules et de médecine, particulièrement pour le traitement de la
vérole),etc.
Le XVIIIe siècle[modifier]
De 1741 à 1761 est construit sur les courtines du Rhône le « temple
magnifique », véritable « monument élevé à la fièvre », comme le remarqua plus tard Joseph II d'Autriche. Les plans sont établis par
Soufflot ; la façade en pierre de taille blanche est véritablement opulente avec une riche décoration extérieure. Le grand dôme est construit à partir de
1755 afin de permettre le renouvellement de
l'air dans les immenses salles communes. Les statues du roi Childebert Ier et de la reine Ultrogothe, fondateurs du tout premier hôpital en 549, ornent l'entrée principale.
Le dôme est achevé en 1764, mais déjà on
regrette « la facilité avec laquelle on s'est livré à des constructions plus brillantes qu'utiles ».
L'Hôtel-Dieu a excellente réputation à cette époque. De 1737 à 1748,
on note une mortalité de un sur quatre à l'Hôtel-Dieu de Paris, contre un sur quatorze à celui de Lyon.
L'époque révolutionnaire[modifier]
Cette période funeste à Lyon n'a pas épargné la médecine et le soin des indigents. Différents décrets, de 1789 au 9 thermidor, suppriment les ordres religieux et tout ce qui est « organisation » (Sociétés médicales,
Collège des médecins et des chirurgiens) ainsi que l'instruction (permettant à tout un chacun de se proclamer médecin). Le résultat est un trouble profond dans la marche des hôpitaux.
La situation financière, guère brillante à la fin de l'Ancien Régime, devient catastrophique car les principaux revenus des hôpitaux (octrois et privilèges) sont coupés. Les Recteurs, après avoir financés personnellement l'Hôtel-Dieu, sont contraints de
démissionner en 1791 et d'en remettre la direction au Directoire du département Rhône et Loire, lequel nomme huit administrateurs. Le bilan était effroyable : « il n'y avait dans la
maison ni toile, ni farine, ni vins, ni drogues ; l'hôpital était débiteur, en capitaux exigibles, de 3 246 437 livres » (A. Croze).
Le siège de Lyon par les
armées de la Convention et le
bombardement de l'Hôtel-Dieu pendant toute la durée de ce siège, du 8 août au 9 octobre 1793, ne laissa que des ruines. De plus, pendant la Terreur qui a suivi le siège de
Lyon, on a établi une liste précise, bien que peut-être incomplète, des victimes guillotinées ou fusillées :
- onze médecins
- trente-et-un chirurgiens dont sept étudiants en chirurgie
- huit apothicaires ou herboristes
L'hôpital est encore agrandi et abrite désormais près d'un millier de malades, dont cent vingt-cinq militaires. Il perd peu à peu son autonomie : son administration se confond avec celle de
l'hôpital de la Charité. On y trouve :
-
Les médecins
-
Huit titulaires nommés par concours depuis 1811, et quatre suppléants. Ils portent jusqu'en 1866 la robe rouge et la toque
-
Les chirurgiens
-
Réhabilités par l'instauration d'un concours en 1788, la chirurgie est mise au niveau de la médecine en 1794. Un seul chirurgien-major, suppléé par un aide-major, s'occupe de quatre cents lits
de chirurgie ; il est chargé de la surveillance des 17 élèves-internes, y compris ceux de médecine. Celui-ci doit rester célibataire le temps de sa fonction (jusqu'en 1879), et doit loger
à l'hôpital (logement libre en ville à partir de 1885).
-
Les aumôniers
-
Nommés par l'archevêque, ils célèbrent les messes tous les matins et administrent les sacrements. Un prêtre-économe gère l'hôpital.
-
Les servants
-
On compte cent dix frères (ils peuvent abandonner leur titre de frère et rejoindre la vie publique), et cent quatre-vingt dix sœurs.
Lyon était au XIXe siècle un centre actif de la chirurgie, au point que « triompher au majorat de l'Hôtel-Dieu, c'était s'emparer du sceptre de la chirurgie dans le sud de la France ».
Principaux chirurgiens-majors du Grand Hôtel-Dieu (il y en a eu 24)[5] :
-
Marc-Antoine Petit
(1766-1811) : fonction de 1793 à 1799 ;
-
Joseph Gensoul (1797-1868) : il s'est placé au premier rang des chirurgiens en Europe par des hardiesses
opératoires inconnues avant lui. Il réalisa en 1827 la première résection du maxillaire, puis des désarticulations d'épaule, etc. ;
-
Amédée Bonnet
(1809-1858) : fonction de 1838 à 1843 ;
-
Joseph-Pierre
Pétrequin (1809-1876) : fonction de 1844 à 1849 ;
-
Louis Léopold
Ollier (1830-1900) : il a créé à l'Hôtel-Dieu le premier service de chirurgie orthopédique, au sens moderne ;
-
Antonin Poncet
(1849-1913) ;
-
Mathieu Jaboulay
(1860-1913) : fonction de 1895 à 1903 ; le dernier nommé des chirurgiens-majors, et l'un des plus brillants. Maître d'Alexis Carrel, il pratique les premières transplantations
d'organes (non suivies de succès).
Étienne Destot et les débuts de la radiologie à Lyon[modifier]
Wilhelm Röntgen
découvre les rayons X en décembre 1895 ; conscient des retombées énormes de cette technique, tant en médecine qu'en technologie, il en fait don à l'humanité. À Lyon, Étienne Destot réalise les
premières radiographies en février 1896 et, équipé et outillé, il crée le premier service de radiologie français dans une boutique désaffectée de l'Hôtel-Dieu. Ollier y a souvent recours à la fin de sa
carrière.
Léon Bérard, précurseur de la cancérologie[modifier]
Hôtel-Dieu de Lyon, vu de la colline de Fourvière
Léon
Bérard crée en 1923 le second centre anticancéreux français dans le grand dôme de l'Hôtel-Dieu. Il finance, par l'intermédiaire de l'
Association lyonnaise de lutte contre le cancer, l'achat d'une quantité importante de radium qui est utilisé dans le traitement des cancers du col utérin et de la muqueuse buccale.
L'afflux de patients nécessite dès 1935 un déménagement à l'hôpital de Grange-Blanche, puis, en 1958, l'installation au centre Léon-Bérard.
Aujourd'hui et demain[modifier]
L'Hôtel-Dieu a été jusqu’à octobre 2010 un centre hospitalo-universitaire dépendant des Hospices Civils de Lyon. Le premier hôpital
lyonnais a alors fermé définitivement ses portes et tous ses services ont été transférés vers d’autres établissements des Hospices Civils de Lyon [6].
Suite au projet présenté le 25 septembre 2009 [7], le comité de pilotage du projet de
reconversion du site de l’Hôtel-Dieu a annoncé le vendredi 29 octobre 2010, la candidature retenue de l’équipe constituée de Eiffage Construction avec Generim et de Albert Constantin
(architecte lyonnais) et Didier Repellin (Architecte en chef des Monuments Historiques) avec InterContinental (chaîne hôtelière) [8] [9] .
L'Hôtel-Dieu sera reconverti partiellement en hôtel de luxe de 140 chambres dont l’entrée se fera par le dôme central. Les rez-de-chaussées seront destinés aux activités commerciales, comme prévu
jadis sur les plans de Soufflot, et le reste du site sera occupé par des activités tertiaires et un centre de conventions. Enfin, les cours intérieures seront ouvertes au public.
Démarrage des travaux en 2012, livraison par tranches de 2014 à 2016 [10] [11] [12].
L'Hôtel-Dieu renfermait également le Musée des Hospices Civils de Lyon, témoin de son riche passé. Il a fermé définitivement fin décembre 2010 [13]. Il y a toujours le projet de réinstallation d'un grand musée médical et anatomique, qui pourra rassembler de nombreuses collections lyonnaises
d'un
Derniers Commentaires