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A mes
parents!
Vous deviez être là , et vous n’êtes pas ! J’ai mal au cœur en
chaque 25 Avril puisque vous l’aviez désirée la démocratie
et, vous ne l’aviez jamais vue!
Dîtes-moi alors, pourquoi vous êtes partis si soudain, me laissant
triste assise sur les pavés de ma vie, je ne puis comprendre papa
et maman, que vous soyez allés vers une autre vie !
Voilà trente six ans d’une dite démocratie au Portugal mais, la
vraie démocratie reste encore un devenir, elle n’est qu’un rêve la
réalité nous démontrant qu’il nous reste encore beaucoup de
chemin à parcourir…
Depuis ces temps là on fête le 25 Avril, avec des œillets selon que
l’on peut ou bien avec des roses peut-être, si l’on ne peut pas. J’ai
des roses rouges à portée de main, elles feront l’affaire croyez-moi
bien, les sentiments profonds se jouent au centre du cœur, comme
mon amour pour vous et je cache ma douleur !
Ma fête à moi elle est nulle part, sinon ici au centre de mes mots.
C’est Joseph
Joubert qu’à
écrit un jour « La
musique a sept
lettres
et l’écriture vingt six notes ! ».
Ainsi, je joue de la mandoline, peut être une sonate sur mon piano,
histoire de vous faire entendre ce qui est occulté au plus profond de
moi car, j’ai besoin de communiquer avec vous, même si vous n’êtes
plus ici!
Pour fêter quelque chose je n’ai pas besoin de fête ; pour sentir
quelque chose je n’ai pas besoin de le dire ; pour transmettre quelque
chose je n’ai pas besoin de le crier avec un olé sur toutes les arénes
du monde !
Vous le savez. Jamais dans ma jeunesse j’ai couru sur les champs
des foires portugaises sinon en famille ou avec des amis/ies, j’ai
une façon d’être qui ne m’oblige jamais à courir sur les vents du jour,
seulement parce que pour partager avec les autres il me faudra être
en phase avec eux, comme au temps du combat contre le fascisme !
Il y a quelques années déjà j’ai participé aux fêtes avec des
associations, parce que mes élèves étaient partie prenante d’elles et,
avec eux je me sentais parcourir un chemin d’avenir. Depuis, j’ai
cessé de trotter, comme le cheval de mon enfance je me suis arrêtée
au milieu de la route !
Je pense à vous mes chéris, vous qu’êtes mes parents vous
pourriez-être mes enfants aujourd’hui ; vous me manquez
énormément !
J’ai une pensée pour mes grands parents ; et ceux qui sont morts un
jour à cause des guerres coloniales, ces jeunes qui n’ont jamais pu
vivre une vie d’adulte !
Et je n’oublie pas ceux que j’ai rencontrés un jour, comme moi
croyants de
liberté et d’espoir qui se sont enfouis derrière les nuages !
Je me souviens du copain
Zeca
Afonso,
lorsqu’il est venu à Lyon
présenter le film « Sol a
Sol », et je lui dis : Zeca, le Soleil
a
changé
d’horizon !
Avez-vous pensé à Delacroix qui détestait Ingres ? Il avait
écrit
dans son
journal : « le soleil d’Ingres se lève toujours du
même côté » !
Et moi, je ne déteste personne mais, je dis à ceux à qui je ne crois
plus « votre soleil a toujours un air tordu » !
L’Alentejo
ce n’est plus ce qu’il
était, les blés ne son pas aussi dorés
qu’avant, et peut-être même qu’un jour il n’y aura plus de blés !
Le pétrole oui ça paie, même si l’on ne le mange pas ; les pauvres
existent toujours, mais ce n’est plus de la faute des grands
propriétaires si, de
l’état.
Le travail est rare pour les jeunes et, les vieux sont de plus en plus
abandonnés !
Alors, on revient d’une autre manière au
livre « Alentejo é
Sangue »
de Antunes
Varela et
cela, risque de ne pas changer !
voilà papa et maman, des nouvelles brèves de notre triste terre !
A notre rencontre d’un jour.
Rosario Duarteda
Costa
Copyright
24/04/201
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