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Auteur des Photos sur cette page: Luisa Abreu www.olhares.com
L’homme prudent aime l’eau,
et l’homme parfait les montagnes.
L’homme prudent se donne au mouvement ;
l’homme parfait demeure immobile.
L’homme prudent vit heureux,
l’homme parfait vit longtemps.
6ème siècle avant J.C.
Ecrire. Passer le temps à écrire puis, dire quoi?
Ou se taire, pour ne rien dire !
J’ai longtemps pensé a arrêter ce démon de l’écriture ; elle me
mange, elle
me prend du temps et même, parfois, elle me fatigue…
C’est comme une drogue que l’on n’achète pas. On la crée, pour soi
ou pour les autres.
L’écriture, on ne sait jamais, on ne saura peut-être jamais quelle est
ou sera sa valeur. On ne sait, on ne saura peut-être jamais, ceux qui
l’aiment, ou ceux qui l’aimeront un jour…
On ignore son poids dans la langue où elle coule. Ainsi sont les
choses-on écrit au hasard de nos envies, de nos besoins, de nos
joies
ou de toutes nos difficultés !
Mais, arrêter cette drogue serait-pour moi-, dix fois pire que d’arrêter
de fumer ( chose d’ailleurs que je fais encore) car, la fumée de la
cigarette m’aide à marcher, dans le chemin de mes pensées.
Comme disait mon frère lusitanien Fernando Pessoa dans (Le livre
de l’Intranquillité ) :
« Savoir que sera mauvaise l’œuvre que nous ne réaliserons jamais.
Plus mauvaise encore, malgré tout, serait celle que nous ne
réaliserions jamais. Celle que nous réalisons a au moins le mérite
d’exister. Elle ne vaut pas grand chose, mais elle existe, comme la
plante rabougrie du seul et unique pot de fleurs de ma voisine
infirme. Cette plante fait sa joie, et parfois la mienne aussi. Ce que
j’écris et qui est mauvais, je le sais bien, peut néanmoins apporter
à son tour quelques instants de distraction, qui le détournent de
quelque chose de pire, à tel ou tel esprit triste ou malheureux. Cela
me suffit ou ne suffit pas, mais cela a toujours son utilité, et il en
est ainsi de la vie toute entière. »
in « Le Livre de l’Intranquillité » de F.Pessoa
Donc, je continue à coucher les lettres sur une page ; ainsi naissent
les mots, les phrases, les textes…
Ainsi, je renais un peut chaque jour !
Rosario Duarte da Costa
13/12/2009

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