Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 13:47



Meu Alentejo #5
Auteur: Tiago Canhoto www.olhares.com





Meu Alentejo #12
Auteur des Photos sur cette page: Tiago Canhoto www.olhares.com



Naturale #8


Naturale #4


Chronique/Cronica 

 

Eloge a Cercal do Alentejo

 

Eloge d’un village. Pourquoi me priverais-je de faire l’éloge

d’un village ?! De ces villages anciens qui remontent le temps

avec un silence rempli d’amour pour ses enfants. Un village

berceau car, ce n’est autre que le lieu de ma naissance.

 

Dans le temps, on entendait le cri des enfants dans les jardins,

dans les rues et, même à l’intérieur de leurs maisons. Ces cris

perçaient le ciel; les cigognes restaient à leur écoute assises

sur leurs nids.

 

C’était un village riche d’enfants et de leurs familles. Riche de

vieux que l’on respectait et aimait. Même ceux qui n’avaient

aucun lieu familial avec nous.

 

Comme tout village ou petite ville, il y avait l’église bien sûr

avec son beau clocher ; la maison du curé avec sa bonne pas

très loin de chez ma grand-mère. On disait que l’Alentejo était

marxiste (ceci encore au temps du fascisme) !

Tout le village n’était pas présent à la messe du Dimanche.

Mais, à l’église il y avait des sièges attitrés pour les riches et

des bancs pour les autres!

J’allais à la messe et chaque dimanche me valait une « perte de

connaissance ». C’était un malaise provoqué par l’odeur des

bougies !

 

Je m’en souviens du Docteur Vieira le pharmacien. J’adorais

aller chez lui chercher « l’ovomaltine » pour mon petit

déjeuner, ou la petite boîte de vaseline pour adoucir les mains

de ma grand-mère.

 

Ce qui me plaisait le plus c’était de me rendre à l’épicerie fine

de Monsieur Pancadinhas, qui se trouvait près de l’église. Je

demandais : S’il vous plaît donnez-moi 250 grammes de

« Bolachas de agua e sal, 250 grammes e Bolachas Maria e,

250 gramas de manteiga meio sal »-(Bolachas ce sont des

petits gâteaux portugais sucrés os salés )…

Il me servait “illico presto”, en me disant: je mettrais sur le

compte, faîtes mes amitiés à vous parents !

Je repartais heureuse à la maison en mettant le nez dans les

endroits par où je passais !

 

Cette vie presque intime me convenait dans l’enfance. Je me

promenais entre riches et pauvres sans jamais leur demander

leur curriculum ni combien d’argent ils avaient. Aucune porte

ne se fermait à mon passage!

 

 

J’aimais me rendre à la librairie dans la rue principale puis,

visiter tous les commerçants fort sympathiques. Par exemple,

il y avait un magasin de chaussures et, maman m’envoyait

pour choisir des chaussures « à mon pied ». Après avoir fait

le tri et choisi, je rentrais à la maison avec plusieurs boîtes

pour que maman effectue le choix final ! (agréable non ?!)


Je garde en mémoire trois cafés. Le
Cantinho, celui de Monsieur

Pancadinhas et l’autre prés de l’arrêt des autobus. J’aimais y

entrer souvent dans le second, assez dans le troisième ( pour

regarder les voyageurs) et rarement dans le premier. Ceci, parce

que le café « Cantinho » avait des mouches qui se promenaient

sur les pâtisseries ! 

 

Lors des maladies il y avait deux cabinets de médecins : le docteur

Avelar (dont les enfants étaient mes amis et avec qui je jouais) et

 le docteur Macedo dont la femme allait souvent chez moi. Le

premier me suivait depuis toujours. Je l’aimais mais, il me faisait

peur. Quand j’allais en consultation je regardais une publicité pour

le lait maternel qui m’inspirait. C’était un beau bébé, blond comme

je les aimais. Par contre, je détestais le crachoir à l’entrée de la salle

d’attente. Chaque fois qu’un grossier client arrivait, il poussait avec

le pied le bouton du crachoir et puis « crash » ! J’avais une sensation

horrible en ces moments là…

 

Le vétérinaire était le cousin João Botelho. J’y allais souvent chez lui

jouer avec ses filles et il nous amenait sur les routes intérieures

d’Alentejo. C’était un bon vivant !

 

En dehors de ma famille proche « riche ou pauvre), j’étais attirée par

beaucoup de personnages, comme par exemple la Ti Etelvina petite

femme à tablier qui vendait du lait porte à porte, mais aussi des sucettes

à un sou pour les enfants. Je m’en souviens aussi d’un monsieur assez
petit
  à cheveux blancs et grosses lunettes qui se promenait dans les rues

avec sa petite charrette et vendait des sorbets, des cacahuètes, des

bonbons et même des journaux. On l’appelait « le petit aveugle » et

ma grand-mère me disait qu’il avait un prénom donc, de ne pas rigoler

avec les défauts des gens !

 

Le village avait un marché couvert où nous allions très peu car, papa

achetait des produits frais en quantité directement chez les producteurs.

Par ailleurs mon père adorait nourrir et caresser son jardin. Nous avions

quelques produits directement de chez nous.

 

Les fruits venait de Cerca Grande c’est à dire « Grande ferme » qui se

trouvait à peine à dix minutes de chez nous. Ce qui m’attirait chez les

fermiers c’était l’âne ou le cheval tournant autour de la noria. Si vous

saviez comme c’est enrichissant pour un enfant de toucher la terre,

l’homme et tous les produits qui jaillissent du sol pour nous nourrir…

 

Là aussi il y avait des histoires d’hommes et histoires d’eau. Cela vous

rappelle quelque chose ? Peut-être un film avec Yves Montant…Vous

savez, dans chaque pays il y a des histoires qui se ressemblent !

 

Mais, parmi les choses que j’ai gardées en mémoire il y a

ces femmes du sud portant les chevaux attachés comme un

escargot, assises sur le pas de la porte regardant les autres,

reposant leur tête ou tricotant parfois, ces êtres en pleine

communion avec le village pour qui le soleil, la chaleur,

l’ombre semblaient se lier à elles. Un rien les surprenait :

une mouche, une abeille, le chant d’un petit oiseau ; elles

laissaient passer le temps devant leur regard, comme si le

temps n’avait pas d’importance !

 

à tante Luisa (sœur da mamie), à Madame Soledade (la voisine

qui passait son temps chez mes grands parents), à la cousine

de ma grand-mère dont la maison était mitoyenne de la sienne,

aux gens qui travaillaient la terre, aux artisans- de cuir, de terre

cuite, de chaussures, à tous ces métiers presque disparus avec

la fabrication en masse,!
à mes amies :
Miza, Bibi, Gigi, Isabel,
  Antonia et toutes les autres, éloge, éloge et éloge à notre village

et, au temps de notre enfance.

Rosario Duarte da Costa
Copyright

04/03/2010

 

 


Meu Alentejo #6

Maresias #33

Maresias #40

Par Rosario Duarte da Costa - Publié dans : Terra Mãe! Cercal do Alentejo - Communauté : Caligrafias Poéticas!
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Syndication

  • Flux RSS des articles

Pages

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Images Aléatoires

Derniers Commentaires

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés