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Charles Baudelaire
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !
Charles Baudelaire0
Desejamos, tanto este fogo que nos queima o cérebro
Mergulhar ao fundo do abismo, Inferno ou Céu, que me importa?
Ao fundo do Desconhecido para encontrar novidade!
Traduit par Rosario Duarte da Costa
Ce qui m’a toujours attiré en Charles Baudelaire, ce fut sa place particulière
dans l’histoire de la poésie Française !
Si, « Les fleurs du Mal » en 1857 sont le moyen de liaison entre le
Romantisme
et le Parnasse puis, entre ceux-ci et le symbolisme, il ne reste pas moins qu’il
a
pu utiliser les trois écoles avec des sentiments et des éclats magnifiques.
En prenant le
poème Baudelairien, nous allons dans son jardin sentir les résonances de son
cœur, sa sensibilité, en écoutant la musique. C’est ainsi que en le lisant nous
allons
découvrir ses peintures, rentrant dans son Âme, comme on rentre par la porte
de
notre propre maison !
Nageant toujours entre bleus cieux, ses chutes nombreuses - (tel Icare), le
plongent
dans la maladie, avec ses automnes et hivers entre feuilles mortes
et terres
enneigées !
Pourtant, au milieu d’une mer de lassitude il retrouve ses soleils intérieurs, il
prend une nouvelle Volonté qui l’aident à lever les bras, au lieu de s’enfermer
dans sa coquille ! Il se voit alors dans :
« Des purs miroirs qui rendent les choses belles… »
Baudelaire, poète aventurier et vagabond, il fut éphémère- comme la rose-, créateur d’un
arc-en-ciel dans l’espace des mots. Rappelez-vous, j’avais introduit dans une page
du Blog ceci :
A noir, E blanc, I rouge, O vert, O bleu...
Parmi ses poèmes j’ai particulièrement apprécié « Le Cygne » qui fut un tableau
parisien dédié à Victor Hugo !
Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,
L’immense majesté de vos douleurs de veuve,
Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit.
A fécondé soudain ma mémoire fertile,
Comme je traversais le nouveau Carrousel.
Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville
Change d’un mortel).
Je ne vois qu’en esprit tout ce camp de baraques,
Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts,
Les herbes, les gros blocs verdis par l’eau des flaques,
Et, brillant aux carreaux, le bric-à-brac confus.
Là s’étalait jadis une ménagerie ;
Là je vis, un matin, à l’heure où sous les cieux
Froids et clairs le Travail s’éveille, où la voirie
Pousse un sombre ouragan dans l’air silencieux.
Un cygne qui s’était évadé de sa cage,
Et, de ses pieds palmés frottant le pavé sec,
Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage,
Près d’un ruisseau sans eau la bête ouvrant son bec.
Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre,
Et disait, le cœur plein de son beau bec natal :
« Eau, quand donc pleuvras-tu ? quand tonneras-tu, foudre ?
Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal.
Vers le ciel quelquefois, comme l’homme d’Ovide,
Vers le ciel ironique et cruellement bleu,
Sur son cou convulsif tendant sa tête avide,
Comme s’il adressait des reproches à Dieu plus vite, hélas ! que le cœur!
(Charles
Baudelaire)
Par: Rosario Duarte da Costa
Copyright
25/09/2009
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