Partager l'article ! Lyon et "Les Canuts!: Le Dimanche est dit-on le jour du seigneur. Le dimanche –paraît-il-, il faut se reposer… Mais, voy ...
Mais, voyez-vous chers amis, chers lecteurs, après des semaines de
gabamdage avec ma paralysie et des yeux acides, le temps est venu
de commencer à faire des efforts pour essayer d’y aller plus loin.
Alors, j’ai décidé de m’attaquer au nettoyage et au rangement de mes
bibliothèques – évidement relativement petites par rapport à une
bibliothèque publique mais, je vous donne ma parole, à chaque fois je
redécouvre des trésors cachés !
Au delà des petits trésors simplets –telle la pierre venue de quelque part
qui vous fait revivre un lieu, la photo qui ne ressemble plus qu’à un passé
car les gens ont changé et les bibelots qui racontent des milliers de petites
histoires, je rencontre des notes posées sur des bouts de papier, des livres
oubliés et tout cela me fait ramener la mémoire d’hier, ici parmi nous.
Par exemple, j’ai retrouvé cette chanson des « canuts Lyonnais » dont j’ai
déjà parlé sur des pages lyonnaises de mon Blog.
N’oubliez surtout pas –si vous passez par Lyon- de visiter le quartier de la
Croix-Rousse et de visiter dans notre ville le Musée de la Soie.
Et, pour que l’on n’oublie pas je l’inscrits sur cette page pour que tout le monde
puisse la lire ou la chanter.
Avec amitié.
Rosario Duarte da Costa
23/08/2009
Pour chanter Veni-Creator
Il faut une chasuble d’or (bis)
Nous en tissons pour vous,
Grands de l’Eglise,
Et nous, pauvres canuts,
N’avons pas de chemise.
C’est nous les canuts,
Nous sommes tout nus. (bis)
Pour gouverner il faut avoir,
Manteaux ou rubans en sautoir (bis)
Nous en tissons pour vous,
Grande est la terre,
Et nous pauvres canuts,
Sans drap on nous enterre. -Refrain-
Mais notre règne arrivera,
Quand votre règne finira (bis)
Nous tisserons alors
Le linceul du vieux monde,
Car on entend déjà
La révolte qui gronde. - Refrain_
P.S. J’ignore le nom de l’auteur !
Rosario Duarte da Costa
Les Canuts étaient les ouvriers tisserands de la soie sur les machines à tisser. Ils se trouvaient principalement dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon (France) au XIXe siècle. Même s'il s'agit d'une appellation typiquement lyonnaise, on parle aussi de canuts jusqu'à l'Arbresle.
Les Canuts (en particulier leurs révoltes) vont influencer les grands mouvements de pensée sociale du XIXe siècle, des Saint-Simoniens à Karl Marx, en passant par Fourier ou Proudhon[1].
Depuis le XVIIIe siècle, la Fabrique (c'est-à-dire à l'industrie de la soie) a fait de Lyon la première ville ouvrière de France.
Au début du XIXe siècle, l'arrivée des métiers à tisser de grande taille (ex : les métiers "Jacquard") va profondément modifier le travail de la soie, mais également le mode de vie des ouvriers. Ces métiers à tisser étaient tellement hauts qu'ils ne pouvaient être utilisés dans les logements trop petits et trop sombres des quartiers de Saint-Nizier, Saint-Georges et de Saint-Jean.
Les anciens couvents de la Croix-Rousse, dont les plafonds étaient très hauts, étaient parfaits pour héberger les premières mécaniques, mais très vite, il fallut de nouveaux immeubles pour y installer les tisseurs (ex : le Clos Dumenge). Ils sont alors construits en fonction de ces imposants métiers (en moyenne 4 mètres de hauteur). Ils sont également dotés de hautes fenêtres et les plafonds sont renforcés par des poutres en chêne.
La commune de la Croix-Rousse, qui n'est alors pas encore rattachée à la ville de Lyon, offre d'autres avantages : c'est une zone dispensée de taxe (l'octroi), à l'abri des inondations, et les loyers sont moins élevés qu'à Lyon.[2]
On assiste alors à la naissance d'un quartier manufacturier et surtout d'une catégorie professionnelle spécifique: les « canuts ».
On distingue alors deux catégories de travailleurs de la soie : les maitres tisseurs (ou chef d’atelier) et les compagnons. Les maitres tisseurs ne se distinguant que par le fait qu'ils sont propriétaires de leur métiers à tisser.
Au milieu du XIXe siècle, on compte environ 8000 chefs d'atelier à Lyon (dont la moitié à la Croix-Rousse) et près de 40 000 compagnons.
Les canuts, étant soumis à de rudes conditions de travail (ils travaillaient 18 heures par jour), se révoltèrent à de nombreuses reprises (cf. l'article détaillé la Révolte des Canuts). Leur première révolte d'octobre 1831 est considérée comme l'une des premières révoltes ouvrières. Ils occupèrent Lyon aux cris « Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ! ». Le roi Louis-Philippe Ier envoya 20 000 hommes de troupe et 150 canons pour réprimer « l'émeute ».
Le 14 février 1834, les Canuts se révoltèrent de nouveau en occupant les hauteurs de Lyon, et ils firent face pendant 6 jours à 12 000 soldats. Ils utilisèrent des traboules, passages obscurs qui permettent d'aller d'une rue à l'autre à travers les immeubles.
Une troisième insurrection aura lieu en 1848, au moment de la proclamation de la Seconde République, menée par les Voraces. La république permettra aux sociétés ouvrières de sortir de la clandestinité (association de type mutualiste ou coopératif).
Les mêmes Voraces mèneront une quatrième insurrection en 1849, en écho au soulèvement des républicains parisiens. Circonscrite sur le faubourg Croix-Rousse, elle sera violemment réprimée.
Après les révoltes, certains soyeux cherchent à produire ailleurs qu'en ville. L'émigration des métiers vers les campagnes s'accentue. En milieu rural, le métier à domicile est un complément aux revenus de la terre. Les ouvriers étant disséminés, les donneurs d'ordre évitent ainsi le risque rébellion.
A partir de 1850, les métiers mécaniques (inventés par d'Edmund Cartwright) vont progressivement remplacer les métiers à bras. Cette nouvelle technique combinée à l'introduction de la machine à vapeur, entraîne le regroupement des métiers en usines.
En 1886, le Conseil Municipal de Lyon crée une marque aux armes de la ville permettant aux acheteurs de reconnaître une étoffe tissée à Lyon.
En 1894 dans le Littré de la Grand'Côte Nizier du Puitspelu écrit : "Lecteur, regardes avec respect ce canut. Tu n'en verras bientôt plus".
En 1901, à la Crois-Rousse, c'est l'inauguration de la statue de Jacquard, "bienfaiteur des ouvriers en soie". On dénombre alors 500 métiers mécaniques.
L'invention de la soie artificielle donnera le coup de grâce.
Aujourd'hui, seuls quelques métiers à bras subsistent, sauvegardés par des musées nationaux ou des associations d'anciens tisseurs (ex : Soierie Vivante).
L'atelier de travail étant familial, l'appartement de Canuts était organisé en fonction de la cohabitation travail - famille. Coté fenêtre, se trouvaient les métiers. Alors que dans le coin le plus sombre, une soupente (mezzanine) était aménagée : la partie haute hébergeait la chambre, la partie basse servait de cuisine.
Au plafond, de larges poutres de chêne permettent de fixer solidement l'imposant métier (en moyenne 4 mètres de hauteur). De hautes fenêtres permettent de faire rentrer la lumière.
Dans un coin, on trouve souvent un oiseau en cage. Son état de santé devait permettre de détecter la présence de gaz toxiques.
On trouve parfois le prénom scandinave Knut (ou Knutr) francisé en Canut. Néanmoins l'origine du nom est autre.
Plusieurs hypothèses :
Le terme de canut était au XIXe siècle considéré comme péjoratif.
Pour défendre leur dignité et leurs conditions de vie, les Canuts se sont insurgés. Mais ils ont su aussi inventer des formes inédites d’organisation sociale comme le Mutuellisme, le Conseil des Prud’hommes et les Coopératives.
Après la crise économique de 1825, les canuts et leurs compagnons, encouragés par des catholiques, ont créé des sociétés de secours mutuel, alors que les associations à caractère professionnel (syndicalisme) sont interdites par la loi Le Chapelier.
Les sociétés mutuellistes regroupent des ouvriers qui, contre une cotisation mensuelle, reçoivent des secours en cas de maladie, de chômage ou lors de leur vieillesse.
En 1828, des chefs d’atelier fondent le Devoir Mutuel. Pour contourner les dispositions du Code pénal qui interdisent les coalitions et répriment les rassemblements de plus de vingt personnes, il est organisé sous forme de société secrète et subdivisé en ateliers de vingt membres.
En février 1832, les ouvriers, compagnons et apprentis, créent leur propre structure mutuelliste : La Société des Ferrandiniers.
En 1871, avec l’établissement de la IIIe République, le mutuellisme devient mutualisme.
Le 23 octobre 1831 (quelques semaines avant la grande insurrection de novembre 1831) paraît l’annonce de la création du premier journal ouvrier à l’initiative des canuts : l’Echo de la Fabrique.
On appelle alors, à Lyon, du nom générique "Fabrique" l'ensemble des industries dont le résultat est la confection des étoffes de soie[4].
L’Echo de la Fabrique publiera ses 8 pages hebdomadaires sur deux colonnes jusqu'en mai 1834 sans interruption (quelques successeurs continueront jusqu’aux lois répressives de 1835).
Via L'Echo de la fabrique, les Canuts vont ainsi s'informer, débattre, et tenter d'adapter le régime de la fabrique lyonnaise à l'évolution industrielle en cours, de manière à préserver leur autonomie et leur liberté.[5]
Le premier conseil des prud’hommes a été créé par Napoléon en 1806 (loi du 18 mars 1806). Il concerne alors uniquement l’industrie de la soie à Lyon.[6]
Il va avoir une importance capitale pour les canuts et leur journal L’Echo de la Fabrique, qui donnera chaque semaine des comptes-rendus des séances.[7]
Très vite, les canuts dénoncent le rôle du conseil des prud'hommes "favorable aux marchands fabricants" et réclament la parité négociants-tisseurs.[8]
En 1834, Michel-Marie Derrion publie les principes de ce qu'il appelle « Le Commerce véridique et social ».
Le 24 juin 1835, aidé de Joseph Reynier (chef d’atelier, saint-simonien et fouriériste), il ouvre la première coopérative française de consommation au 6 de la montée de la Grande Côte (le n° 95 actuel). Mais après trois ans de fonctionnement, l’expérience de Derrion tourne court.[9]
Les coopératives renaitront cependant à la Croix-Rousse après 1848.
Les lyonnais, et les "Croix-Roussiens" en particulier, se revendiquent fréquemment de «L'esprit Canut». Les références sont nombreuses.
Laurent Mourguet, le créateur de Guignol, est né dans une famille de canuts. Lorsqu'il inventa sa célèbre marionnette, son public était composé d'ouvriers, issus des quartier de St Georges ou de la Croix-Rousse.
Ainsi, dans la pièce "Le déménagement", Mourguet fait de Guignol un canut désœuvré, habitant la Croix-Rousse. Dans de nombreuses autres pièces, même si sa profession varie (savetier, domestique, paysan), il utilise toujours un vocabulaire issu du parler canut.
Guignol est également habillé comme un canut. Sa coiffe ne laisse dépasser à l’arrière qu’une longue natte enrubannée, appelée salsifis, et qui a pour but d’éviter que les cheveux ne se prennent dans les fils des métiers à tisser.
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Voir sur Wikisource : Canut. |
Le Chant des Canuts (ou Les Canuts) a été écrit en 1894[10] par Aristide Bruant. Il n'a vraisemblablement jamais été entonné par les Canuts lors des révoltes de 1831 et 1834. Il est cependant devenu un célèbre chant de lutte, au même titre que Le temps des cerises ou Bella ciao, et a été repris par Yves Montand ou plus récemment par Eric la Blanche.
Pour chanter Veni Creator
Il faut une chasuble d'or.
Pour chanter Veni Creator
Il faut une chasuble d'or.
Nous en tissons
Pour vous grands de l'Église,
Et nous pauvres canuts
N'avons pas de chemise.
C'est nous les canuts,
Nous allons tout nus.
C'est nous les canuts,
Nous allons tout nus.
Une statue[1] représentant des amoureux entonnant le Chant des Canuts est visible dans un square, tout prêt de la mairie du 4e arrondissement de Lyon.
Le Boulevard des Canuts est une rue de Lyon, située sur la plateau de la Croix-Rousse.
Sur le boulevard des Canuts se trouve une peinture murale nommée "Le mur des Canuts", réalisée en trompe-l’œil par la "Cité de la Création" (coopérative d'artistes). Les artistes de la Cité de la Création ont acquis leur renommée en partie grâce à ce "Mur des canuts", qui a été une de leur première réalisation, et reste une de leur œuvre majeure.
Réalisée en 1986, cette peinture a été revue en 1997 et 2002. Ce mur de plus de 1200 m2 a longtemps été le plus grand mur peint en trompe-l’œil d'Europe.
Etrangement, la première version du mur ne comportait pas de véritable référence aux Canuts, si ce n'est la présence de Guignol. Il faudra attendre les versions suivantes pour voir apparaitre des bobines de soie et un métier à Tisser.
Installée à la Croix-Rousse, rue d'Ivry, la maison des Canuts se veut "le conservatoire vivant du savoir-faire lyonnais en matière de soierie". Elle regroupe un musée (démonstrations de tissage sur métiers à bras) et une boutique.
Le mot « canut » se retrouve jusque dans la gastronomie lyonnaise avec un mets appelé cervelle de canut (spécialité à base de fromage blanc).
A la Croix-Rousse, de nombreuses associations se réclament de « l'esprit Canut », parmi lesquelles : Radio Canut (radio associative dont le slogan est "la plus rebelle des radios !"), I-canut (site internet, "portail citoyen" dédié à l'expression des associations et des habitants du quartier) ou encore la « République des Canuts » (qui perpétue des traditions lyonnaises et organise chaque année des vendanges au "Clos des Canuts").
Typiques de la Croix-Rousse, les "immeubles Canuts" sont des immeubles de 5 ou 6 étages, abritant d'anciens appartements-ateliers. Ils sont dotés de plafonds hauts, de hautes fenêtres, de poutres apparentes ainsi que de "soupentes" (mezzanine).
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