Photo F. Lochon/Gamma
1975
Suite à un article du poète Eduardo Pitta d'il y a qulques jours, j’ai
voulu
transmettre un article de Décembre 2010, auquel j’ai
rajouté
les derniers événements de nos sociétés des dernirers jours
( Afrique).
Tous ceux qui ont recrée la France : immigrés,
exilés,
artistes et écrivains !
Kundera est arrivé en France en 1975, comme Chow Ching Lie,
alors que j’y étais déjà installée depuis quelques années.
Ce fut l’année du 25 Avril au Portugal, celle de mon combat en
tant que mère d’handicapé, et de mon entrée dans le cadre
de l’enseignement de portugais en France.
N’oublions pas, quoi que l’on dise, la France fut toujours une
Terre d’accueil, tant en ce qui concerne les exilés politiques,
que
les migrants, écrivains, poètes et, toutes sorte
d’artistes !
Années 70. Fastes pour les étrangers. Ceux qui sont venus
construire, ou reconstruire la France. Car,
même s’ils avaient
abandonné leur pays, ils avaient du travail. Et, pour les
étudiants étrangers ils furent acceptés dans les universités.
Mais
aussi des peintres, sculpteurs, qui se dispersaient aux quatre
coins
de la terre Française!
On peut dire aujourd’hui, qu’ils ont enrichit la France. Avec leur travail, leur
créativité, ainsi que la volonté de partager tout ce
qu’ils savaient. Ils ont amené leurs langues et leurs cultures.
Et, grâce à eux, la culture Française s’élargissait.
Je pense à la communauté lusophone. A ceux qui déjà avaient
apporté leur aide à la France dans le cadre de la guerre. Et
aussi
aux exilés comme Ruy Burity da Silva (du Mozambique), poète
devenu Ministre après la décolonisation de son Pays par le
Portugal. Et à Manuel Alegre, écrivant «o meu país derramado
em Paris », et à tous
ceux qui repartaient vers le Portugal, après
la révolution du 25 Avril.
Mais aussi à Vieira da Silva, dont les deux pays tentent de
la garder pour eux, comme fille de la Patrie! Souvenez-vous du
timbre français sur elle. Et, Ana Salazar que j’ai découverte sur
un petit sillon Parisien, un jour où je mangeais dans un bistrot,
avant une rencontre professionnelle.
Et, tant d’autres, éparpillés entre Montmartre et Pigalle; dans
les
arrondissements remplis et populaires; dans les gares, entre les
deux lignes. Sur les quais de la Seine…
Paris, est une merveille. Une ville ouverte, colorée, savante
et culturelle. Une ville dentelée, par les peuples du
monde !
Et bien d’autres, de toutes nationalités. Depuis la guerre
d’Espagne, la dictatire italienne. Ou, plus récemment
d’autres,
comme Kundera !
“Oui, j’y voyais clair soudain: la plupart des gens s’adonnent au
mirage d’une double croyance : ils croient à la pérennité de la
mémoire (des hommes, des choses, des actes, des nations) et à
la possibilité de réparer (des actes, des erreurs, des péchés,
des
torts). L’une est aussi fausse que
l’autre. La
vérité se situe juste
à l’opposé: tout sera oublié et rien ne sera réparé. Le rôle de
la
réparation (et par la vengeance et par le pardon) sera tenu par
l’oubli. Personne ne réparera les torts commis, mais tous les
torts seront oubliés. »
Milan Kundera
In : la Plaisanterie
1975
Comme pour beaucoup d’étrangers, Kundera tombe amoureux
de la France. Déjà, en 2003, le journal « l’express» avait écrit
un
article à ce sujet.
Parfois les étrangers devenant des coups de cœur !
Comme à Lyon. En ces années là, les français avaient leur cœur
ouvert.
Que de bonheur, avec la création de Libération à Lyon et, les
réunions entre amis, les amitiés avec des Journalistes de Charly
Hebdo, et des amitiés comme celle de Coquard…
Mais, revenons à l’auteur. Kundera. Celui
qui nous étonnera…
Avec ses œuvres :
« la
plaisanterie »,
« la vie est ailleurs »,
« la valse des adieux »
« Un rencontre» où il exprime des commentaires
sur des
écrivains et les musiciens.
« Les
Dieux ont soif » livre prémonitoire des drames
du XX
siècle.
Sous le ciel troué, Kundera le coud avec ses aiguilles et du fin
fil, pour rendre hommage à ses souvenirs musicaux
et littéraires.
Un exilé,- n’abdique jamais, dit
l’écrivain. C’est bien cela, lui
réponds-je car, abdiquer serait perdre sa face !
C’est bien lui qui exprime ceci: l’amitié surpasse les engagements politiques. Rien n’est plus bête que de sacrifier une amitié à la
politique.
Il se montra autant aux côtés de Mitterrand, que de René
Char
poète que j’estime tant.
Il parle du Printemps à Prague.
Un hiver déguisé.
Tous les exilés ont vécu d’une façon ou d’une autre, de ces
Hivers, lui réponds-je !
Et la leçon de Kundera? L’éffondrement de l’Europe, dans une
crise économique et financière
qui la dépasse!
Libéralisme et ultralibéralisme, la mutation en Russie, le réveil
Chinois, l’ascension actuelle du Brésil. Notre monde est une
tragédie continuelle et, je rends hommage à Kundera, comme à
tous ceux qui, - comme José
Saramago- dans ses cahiers, ils ont
vu que notre monde est cruel et injuste et, a besoin d’un combat
continuel.
Pourtant, après l’effondrement des communismes, il arrive
les
temps des effondrements des régimes dictatoriaux. Et, ça
bouge
depuis trois mois à peine !
Exilé ou émigré , chacun de nous porte son histoire. Comme
dit
Kundera dans « L’ignorance » l’immigré a perdu son pays dans
son histoire. Plus personne ne le reconnaît, depuis un
passé
lointain.» Comme Joseph ou
Irena, même s’ils arrivent à se
reconstruire ailleurs.
Et l’auteur saisit magnifiquement le silence des autres face à
celui et celle qui sont partis ailleurs, où la blessure naît de
la
rupture ! En fait, exilés, émigrés, expatriés, doivent effacer
les années de leur vie dans le pays de leur racines et se
reconstruire. Et, oublier des décennies de vie dans le
pays
d’accueil. Pourtant, ils sont devenus plus riches, plus
ouverts,
plus solidaires !
Comme écrivit kundera :
«Car la nostalgie n’intensifie pas l’activité de la mémoire, elle
n’éveille pas de souvenirs, elle se suffit à elle-même, à sa
propre
Emotion, tout absorbée qu’elle est par sa souffrance. »
Nous pourrions parler des pages et des pages sur le sujet.
Mais,
parler seule c’est un monologue. Et, un monologue, n’est
pas
suffisant -à mon avis-, pour aider à changer les
choses.
Rosario Duarte da Costa
Copyright
Déc 2010-28/03/2011
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