Le Poète portugais, Amadeu Baptista est né à Porto (nord du Portugal),
le 6 Mai 1953.
Il a plusieurs cordes à son arc, parmi elles celle de poète et
traducteur.
Il fait partie de l’Association Portugaise des écrivains, et a reçu divers Prix
Littéraires.
Par ailleurs collaborateur de diverses revues et journaux, tant au Portugal que par
le monde, et a aussi fondé et participé à la direction
de « Babel », ainsi que de la revue Orfeu 4.
Ses œuvres sont traduites en diverses langues !
Poemas de Amadeu Baptista
PORTALEGRE, CASA DE JOSÉ RÉGIO
dou três passos em direcção
à casa e fico muito perto da sagacidade.
nada do que vejo é verdadeiro.
estas escadas não existem, esta sombra,
a mulher no quadro surpreendentemente
azul, o friso com ramagens e pássaros,
a destruição do silêncio, a névoa.
tudo em volta é, apenas, mediação,
um artifício para a ilusão e o conflito,
a porta entreaberta para lado nenhum
e nenhum sítio, a morte que se aproxima,
com a penumbra branca a desenhar os lábios,
a pálpebra, a palidez. o gesto desenvolve-se, separa. aqui, ali, este homem
é uma representação, um ciclo sob o vento,
a alma arde-lhe nas têmporas, com insistência
arde,
no rumo da razão de empédocles em que se diz
“das coisas mortais não há criação”.
mas há aves no corpo, este corpo
translúcido que sobre a cómoda entretece
um modo reflexivo e imanente, correndo
para sempre com um breve fumo fulvo
ao longe, a arrastar o abismo para a planície imensa, a arder, a arder pelo oposto
e a envolvência,
na crua simetria da escada, a memória
onde a mudança se abre ao inaudito,
a deus, ao demónio, à casa breve e anómala.
tudo foi inevitável aqui, a mão
prendeu o fio narrativo, o verso e o reverso
do destino, o homem no caminho
entre a sala e o quarto, a ver o incêndio
ampliar-se,
a ver a rua retroceder, com um sentido
.de brilho e possessão que não é deste mundo.
esta colcha brevíssima, o anjo sobre o leito,
a jarra nacarada sobre o contador castanho,
o veio na madeira, a pequena luz sob o tapete,
a varanda e o diminuto alpendre, a parede
de água em que desliza um possessivo veludo,
o cristo no desvão, com a cabeça
pendente sobre o peito, dão ao olhar a pura brevidade, a pura rendição, enquanto ninguém dorme. maravilhoso e fugaz é o
lugar
da sabedoria,
o homem cresce na escuridão, cresce
como uma constelação, um fio de vinagre
na boca, um certo amor perdido, enquanto
a palavra descreve, dispara um perímetro
longínquo
e eu cresço e diminuo, aqui, à porta desta casa,
a pedir um ponto de ruptura em tudo isto,
uma curva na estrada que volte ao corredor onde se inscreve a mancha de humidade
que explica tudo e nada é, ou foi, e pode já
ser tudo.
mais um passo e poderei gritar, mais um passo
e poderei dizer que vim aqui por nada,
estava a esteva no exterior e entrei
para transfigurar o real, este dia de chuva
no espírito, a serrania em volta, a experiência
insaciável do auspício, a casa, a noite,
a casa, sempre,
onde cada derrocada faz prevalecer
o contágio das vozes, a curvatura do arcos,
o telhado, a janela, os múltiplos estuários
em que os clarões se alicerçam, e os poemas,
certas construções a caminho das nuvens.
no livro vi a primeira dúvida, a rasura
crescente, em outra casa. aqui, a sós,
induzo-me a idêntica explicação, a tosse
na garganta, o doloroso carrego, o dedo
de um pronunciamento a alongar-se
sobre as espáduas, a replicar
à saudade uma luz obscura, com negros
contrastantes, como num sonho mau,
tenso, tenaz. anoitece em mim
como pode ter anoitecido na alma
deste homem, talvez o mar tenha este efeito demolidor, o mar ou a sua ausência.
percorro a casa e pronuncio silêncios estreitos, sempre encontro o coração noutro lugar,
em chamas,
o coração que não vai por aí, o chão
de sulcos e rastros, onde o pó intratável
não retrocede nos séculos, há-de conter
esta aparição repentina, este rumor
de estações insuspeitas, queda a queda, grumo
a grumo,
numa cidade tão improvável como um poeta,
sendo nós quem somos, filhos de retratos
insuspeitos em que nem a claridade toca,
nem a claridade consegue dessangrar.
aqui viveu o homem
que todas as ressonâncias confirmam
como um ser desolado, floresce no inverno
este constrangimento, dou um passo, outro,
sigo este percurso de volumetrias áridas
e rápidas ascensões e prometo-me não voltar,
prometo-me ficar nesta casa para sempre,
até que alguém chegue e me desperte. assim,
a têmpera e a sanguínea retomarão o nome
desta ausência, este homem flui
sobre o passado, volta comigo à pedra, à praia,
embora nestes sinais desconhecidos seja rasa
a euforia, a disforia,
cada um dos capítulos desta nave. por isso,
não me creias. já nada há para crer,
tudo é um vazio sem retorno
desde que te deixei ou este homem abandonou
a minha infância, sempre o li com a certeza
de um mistério anterior a nós, o mistério
que, muito provavelmente, nos fez reconhecer
a amplitude da dor, a vida passada
que vivemos sem que sequer o suspeitássemos,
a ave, a ave de sempre,
no meu e no teu sortilégio desabrido.
TRADUCTION
je fais trois pas en direction
à la maison et je reste très près de la
sagacité
de tout ce que je vois rien n’est réel
ces escaliers n’existent pas, cette
ombre,
la femme dans le un tableau étonnamment
bleu, la frise avec des rameaux et des
oiseaux,
la destruction du silence, le
brouillard.
tout autour est, seulement, médiation,
un artifice pour l’illusion et le
conflit,
la porte entrouverte pour aucun lieu
et aucun lieu, la mort qui s’approche,
avec la pénombre, la pâleur. le geste se développe, se
sépare ici, là, cet homme
est une représentation , un cycle sous le
vent,
l’âme lui brûle dans la région temporale, avec
insistance
elle brûle,
dans la route de la raison d’empédocle* dans lesquelles
on dit
« dans les choses mortelles il n’y a pas de
création »
mais il y a des oiseaux dans le corps, ce
corps
translucide qui sur la commode se lie
en mode réflexif et immanent, courant
pour toujours avec une brève fumée fauve
au loin, à traîner l’abyme vers la plaine immense, à
brûler, à brûler par l’opposé
et l’enveloppement,
dans la symétrie crue de l’escalier, la
mémoire
où le changement s’ouvre à l’inouï,
à dieu, au démon , à la maison brève et
anormale
tout fut inévitable ici, la main
a pris le fil narratif, le vers et le
revers
du destin, l’homme dans le chemin
entre le salon et la chambre, à regarder
l’incendie
à s’amplier
à voir la
rue rétrocéder, avec le sens
de
brillance et de possession qui n’est pas de ce monde
cette
couverture courte, l’ange sur son lit,
le pot à
fleurs nacré sur le compteur marron
et est venu
dans le bois, la petite lumière sur le tapis,
le balcon e
le petit porche, le mur
d’eau sur
lequel glisse un velours possessif,
le christ
dans le recoin, avec la tête
pendante
sur la poitrine, offrent un regard de brièveté pure, et pure rendit ion, tandis que personne
ne dort
merveilleux et fugace c’est le lieu
du
savoir,
l’homme
grandit dans l’obscurité, grandit
comme une
constellation, un fil de vinaigre
dans la
bouche, un certain amour perdu, tandis
que le mot
décrit, décharge un périmètre
distant
et je
grandis et diminue, ici, à la porte de cette maison,
à demander
un point de rupture en tout cela,
une courbe
dans la route qu’elle revienne au couloir où s’inscrit la tâche de l’humidité
ce qui
explique que tout et rien est, ou fut, et peut déjà
être
tout.
un pas de plus et je
pourrais crier, un pas de plus
et je pourrais dire que je
suis venu pour rien,
il y avait la manche de la
charrue, à l’extérieur et je suis entré
pour transfigurer le réel,
ce jour de pluie
à l’esprit, la chaîne des
montagnes autour, l’expérience
insatiable de l’auspice, la
maison, la nuit,
la maison,
toujours,
où chaque éboulement fait
prévaloir
la contagion des voix, la
courbure des arcs,
le toit, la fenêtre, les
estuaires multiples
où s’accrochent des éclats,
et les poèmes,
certaines constructions à
chemin vers les nuages.
dans le livre j’ai vu le
premier doute, la rature
croissante, dans une autre
maison ici, seul,
m’induisant une explication
identique, le toux
dans la gorge, le
douloureux chargement, le doigt
d’un prononce
ment qui s’allonge
sur les épaules, à
répliquer
à la « saudade »
une lumière obscure, avec des noirs
contrastants, comme un
mauvais rêve,
tendu, tenace. la nuit
tombe en moi
comme elle aurait pu tomber
dans l’âme
de cet homme, peut-être que
la mer ait cet effet démolisseur, la mer ou son absence.
je parcours la maison à
prononcer des silences étroits, je trouve toujours le cœur en un autre lieu,
en flammes,
le cœur qui ne s’en va pas
par ici, le sol
en sillons et râteaux, où
la poussière intraitable
ne retourne pas aux
siècles, elle devra raconter
cette apparition
inopinée , cette rumeur
des saisons in suspectées,
chute à chute, grumeau
à grumeau,
dans cette ville si
improbable comme un poète,
que nous soyons qui nous
sommes, des fils de portraits
in suspectés dans lesquels
ni la clarté les touche,
ni la clarté pourra
saigner
ici a vécu
l’homme
que toutes les résonances
confirment
comme un être désolé,
fleuri en hiver
cette contrainte, je fais
un pas, un autre,
je poursuis ce parcours de
volumétries arides
avec des ascensions rapides
et je promets de ne pas revenir,
je me le promets de rester
dans cette maison pour toujours,
jusqu’à ce que quelqu’un
vienne et me réveille ainsi,
la trempe et la sanguine
reprendront le nom
de cette absence, cet homme
coule
comme le passé, il retourne
avec moi à la pierre, à la plage,
malgré qu’en ces signes
inconnus soit rase
l’euphorie, la
dysphorie,
chacun des chapitres de
cette nef, et pour cela,
ne me crois pas, il n’y a
plus rien à croire,
tout est un vide sans
retour
depuis que je t’ai quitté
ou que cet homme a abandonné
mon enfance, je l’ai
toujours lu avec la certitude
d’un mystère intérieur à
nous, le mystère
que, très probablement,
nous a fait reconnaître
l’amplitude de la douleur,
la vie passée
que nous vivons sans que
nous au moins les suspicions.
le salut, le salut de
toujours,
dans le mien
et dans ton sortilège abandonné.
* Empédocle,: est un philosophe du siècle de Périclès !
* saudade, mot intraduisible. Unique dans la langue
portugaise !
Rosario Duarte da Costa
Copyright
30/05/2011
Poemas de Amadeu Baptista
PORTALEGRE, CASA DE JOSÉ RÉGIO
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